L’album III de Last Train : Le Pouvoir de la tension, l’élégance de l’explosion.
Si le chiffre III symbolise la perfection numérique, il est évident que le dernier album de Last Train s’inspire profondément de trois concepts clés de la création : lumière, vibration et énergie. Le groupe alsacien nous embarque ainsi dans un […]
Si le chiffre III symbolise la perfection numérique, il est évident que le dernier album de Last Train s’inspire profondément de trois concepts clés de la création : lumière, vibration et énergie. Le groupe alsacien nous embarque ainsi dans un voyage sonore à la fois mûr et sans compromis. Enregistré dans une maison transformée en studio, III succède à l’empreinte laissée par OMPS (Original Motion Pictures Soundtrack), une œuvre réalisée en collaboration avec l’Orchestre Symphonique de Mulhouse.
Sombre et épuré, l’album explore des émotions fortes où la rage et la déception dominent, porté par une musique nerveuse et envoûtante, comme le montre parfaitement le morceau d’ouverture, Home. Première piste de l’album, elle incarne l’atmosphère générale de l’œuvre et, à l’instar d’un mirage, révèle sa véritable essence seulement après plusieurs écoutes attentives. La pulsation discrète et la voix fragile de Jean-Noel Scherrer suggèrent une menace insidieuse, à la fois subtile et omniprésente.
The Plan libère une énergie brute et dévastatrice. Les frappes de batterie, incessantes et percutantes, se mêlent aux riffs de guitare et aux basses effervescentes, prouvant que le groupe revient à un rock brut. Il faudra attendre quelques morceaux avant qu’un court moment de répit ne survienne, avec You’ve ruined everything, qui surprend tant par sa durée (54 secondes) que par sa composition, puisqu’il s’agit d’une pièce uniquement instrumentale, servant d’interlude avant l’explosif final, I Hate you.
Il ne fait aucun doute que III est l’une des plus belles sorties rock de cette nouvelle année. Et comme les bonnes nouvelles ne viennent jamais seules, nous avons également eu le plaisir de nous entretenir avec Jean-Noel, qui a accepté de nous dévoiler les coulisses de la création de cet opus et de la tournée européenne que Last Train vient tout juste de débuter.
Alors, comment se passe ce début de tournée ?
Retrouver notre public est génial et la scène nous a énormément manqué. Le fait que de plus en plus de personnes connaissent les paroles de nos chansons nous touche profondément. Nous sommes très reconnaissants de pouvoir vivre cette aventure.”
Votre nouvel album, III, sorti fin janvier 2025, marque un tournant dans votre direction artistique. Pourquoi ce choix ?
Je ne sais pas si c’est un changement radical, mais plutôt une évolution assez logique. Ce qui diffère entre cet album et notre précédent album orchestral, c’est que nous avons mis moins l’accent sur la production ici. Nous avons voulu revenir à un son plus rock, ce qui peut donner l’impression d’un album plus tendu, plus viscéral.
Cet album marque votre première collaboration avec PIAS, tout en restant sur votre propre label. Avez-vous fait ce choix pour conserver un contrôle total sur votre production ?
Historiquement, Last Train a toujours été un groupe très indépendant. Nous n’avons pas dérogé à nos envies artistiques pour cet album et ne voulions faire aucun compromis dans ce sens. Nous avons donc géré la production de l’album, tant sur le plan artistique que financier. Cela dit, nous sommes très heureux de notre collaboration avec PIAS, une équipe jeune et dynamique avec laquelle nous avons pu allier notre désir d’indépendance à leur expertise.
En ce qui concerne les ambiances qui traversent l’album, on ressent une oscillation marquée entre douceur et agressivité. Est-ce que cette dualité nourrit votre processus créatif ?
Oui, je pense que la dynamique de notre écriture a toujours été essentielle. Ni trop douce, ni trop agressive, nous cherchons à trouver un équilibre. Nous sommes convaincus que le silence fait autant partie de la musique que les variations dynamiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que nos titres sont souvent longs : cela nous permet d’explorer et de concilier ces deux ambiances.
Tu évoques la durée de vos morceaux, qui sont généralement assez longs, et pourtant, III contient une chanson (You’ve ruined everything) de moins d’une minute. Pourquoi l’avoir intégrée ?
Cela fait partie de nos influences. Nous écoutons beaucoup de musique de films et d’albums conceptuels. Nous avions à cœur de mettre la musique au service de l’image, en lui donnant une dimension plus cinétique, peut-être plus que les autres morceaux. On pourrait la considérer comme une petite séquence, remplie d’ambiances variées, qui sert à concrétiser nos propos.
Tu parles d’ambiances, et l’une des caractéristiques de votre nouvel album est cette tension, avec une sorte de crescendo présent dans chaque morceau. On retrouve une dynamique similaire dans les albums des Foo Fighters. Ont-ils été une source d’inspiration pour la composition de III ?
Je pense que tous les musiciens rock sont un peu influencés par les Foo Fighters (rires), ils sont tellement impressionnants et ont une approche musicale très polymorphe. Je les ai vus en live et j’ai adoré ce qu’ils dégagent sur scène, donc peut-être qu’indirectement nous nous sommes inspirés d’eux. Nous écoutons aussi Nine Inch Nails, mais aussi Chopin, Schubert, Tracy Abrams…
Vous cassez beaucoup de codes, tant en musique qu’en écriture, notamment avec le sens des paroles de vos chansons.Penses-tu qu’il reste encore beaucoup de codes à briser dans la musique ?
Oui, je pense surtout dans le rock, qui traîne encore beaucoup de clichés. Je crois que la bienveillance doit être au cœur de la musique. Tous les bouleversements que nous traversons dans le monde musical ne peuvent être que bénéfiques, nous permettant de tendre vers quelque chose de plus sain.
Vous aviez qualifié votre précédent album de “BO d’un film qui n’existe pas”. Comment qualifierais-tu celui-ci ?
Je pense que c’est peut-être l’album le plus radical que nous ayons fait jusqu’à présent. ONPS était plus un exercice de style, tandis qu’ici, nous sommes dans une dimension plus tranchée. Cet album a été pensé pour être partagé sur scène.
Le pari sur cet album était de créer un disque qui ait une certaine virulence tout en ne négligeant pas les émotions.
Vous avez entamé une tournée européenne, en annonçant une date au Hellfest. Est-ce que cela a une signification particulière pour vous ?
Ce sera une première fois pour nous, car nous n’avons jamais eu l’occasion de participer à ce festival, ni en tant que spectateurs, ni en tant que musiciens. Nous sommes ravis d’y être programmés et de pouvoir y présenter notre musique. D’autant plus que notre style se situe un peu “en marge” de leur programmation : nous avons un côté très rock, mais aussi pop, qui se ressent dans nos compositions.
Vous pouvez retrouver les dates de tournée de Last Train ici :
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Site officiel du groupe : https://www.lasttrain.fr/