De Peau d’Âne à Marie-Antoinette… Reconnaissez-vous ces châteaux français au cinéma ?
Avec plus de 40 000 châteaux répartis sur tout le territoire, la France offre des décors de tournage idéaux pour les réalisateurs du monde entier. Des imposants châteaux forts médiévaux avec leurs pont-levis, aux majestueux châteaux classiques entourés de jardins à la française, ces monuments historiques s’invitent souvent sur les écrans. Partons à la découverte […]

Avec plus de 40 000 châteaux répartis sur tout le territoire, la France offre des décors de tournage idéaux pour les réalisateurs du monde entier. Des imposants châteaux forts médiévaux avec leurs pont-levis, aux majestueux châteaux classiques entourés de jardins à la française, ces monuments historiques s’invitent souvent sur les écrans. Partons à la découverte de quelques-uns de ces châteaux les plus prisés par le septième art, qui nous font voyager à travers les époques.
1. Versailles, en tête d’affiche

Sans grande surprise, le château du Roi Soleil est une véritable vedette du cinéma à l’échelle mondiale. Avec son architecture baroque toute en dorures, ses salles majestueuses et son parc de 800 hectares, il offre un décor exceptionnel pour les drames historiques les plus ambitieux. Depuis les débuts du cinéma, le château -qui fait partie des plus visités au monde- , a accueilli plus de 220 tournages. Vous y aurez peut-être vu la Marie-Antoinette de Sofia Coppola, jouée par Kirsten Dunst, virevoltant dans la Galerie des Glaces pour son bal de mariage. Pour ce film, Sofia Coppola a eu la chance d’accéder à des salles habituellement interdites au public comme le petit théâtre privé de la reine, aperçu une seule fois à l’écran dans le film La Fayette de Jean Dréville en 1961. Mais tourner dans ce site de royal n’est pas une mince affaire : pour une journée de tournage, les réalisateurs doivent être prêts à débourser 15 000 euros et composer avec les horaires d’ouvertures au public. Ainsi, les tournages ne peuvent donc avoir lieu que les lundis, et durant la nuit les autres jours de la semaine.
2. Vaux-le-Vicomte, le château caméléon

Et si on vous disait que James Bond et Marie-Antoinette auraient pu se croiser en Seine-et-Marne, au château de Vaux-le-Vicomte ? … c’est la magie du cinéma. Ce château du XVIIe siècle, construit par Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, a servi de décor à près de 80 films. Chef d’œuvre de l’architecture classique, avec ses 500 hectares de terrain, il nourrit un vaste imaginaire pour le septième art : du film de capes et d’épées avec L’homme au masque de fer de Randall Wall en 1998 à La folie des grandeurs (1971) de Gérard Oury, en passant par le blockbuster d’action James Bond : Moonraker (1979), Vaux-le-Vicomte a su traverser les registres et les époques. Plus récemment, Dany Boon fait même exploser le château dans la scène finale de sa comédie Raid dingue, et des passages de Jeanne du Barry de Maïwenn y sont tournés en 2023.
3. Chambord, un décor de contes de fées

En 1970, à Chambord, une pauvre princesse cachée sous une peau d’âne fuit son château familial … Cette princesse, c’est Catherine Deneuve dans le Peau d’âne de Jacques Demy, et le château n’est autre que celui de Chambord. Emblématique de la Renaissance, il sert de lieu de tournage pour toute une partie de ce film musical culte du cinéma français : c’est là que sont tournées les scènes dans le royaume rouge, comme la magnifique scène du mariage. Construit en 1519 à la gloire de François Ier et niché au cœur du plus grand parc forestier clos d’Europe, Chambord se distingue par son imposante architecture et son escalier à double révolution inspiré par Léonard de Vinci, qui en font un monument particulièrement fascinant.
4. Champs-sur-Marne, le sosie de l’Elysée

Dès les années 1980, le château de Champs-sur-Marne s’impose comme un décor de choix, avec près de 80 films et téléfilms tournés entre ses murs. Au cinéma, sa ressemblance avec le palais de l’Elysée lui vaut de jouer les sosies : dans Le Promeneur du Champ-de-Mars (2005), Robert Guédiguian y reconstitue le bureau de François Mitterrand. Les Guignols de l’info le transformaient aussi en Palais de l’Elysée, animant les fameuses marionnettes devant la façade du château. Il s’illustre aussi dans de nombreux films en costume, dont Les Liaisons dangereuses (1989) de Stephen Frears, Ridicule (1996) de Patrice Leconte, Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola, et Les Adieux à la reine (2012) de Benoit Jacquot. Avant de devenir un site prisé par les réalisateurs, le château était un lieu de villégiature. Il abrita la princesse de Conti -fille illégitime de Louis XIV- en 1718, la marquise de Pompadour, ou encore Voltaire. Construit entre 1703 et 1707 pour deux financiers de Louis XIV, le château passe donc de main en main au fil des siècles avant d’être finalement légué à l’Etat en 1935 et transformé dans les années 1950 en résidence présidentielle.
5. Beynac, décor médiéval par excellence

En Dordogne, cette forteresse typique du Moyen-Age est devenue le terrain de jeu du cultissime Ridley Scott en 2021, le temps d’un tournage de dix jours. Après un méticuleux tour des châteaux de France, le réalisateur britannique a flashé sur Beynac et son donjon perché sur une falaise à 150 mètres au-dessus de la rivière Espérance. Ainsi, dans The Last Duel, Ben Affleck, Matt Damon et Adam Driver font de ce château du XIIème siècle une star du grand écran. Son architecture défensive typiquement médiévale avec ses archères, son donjon, et sa Salle des Gardes, lui confèrent un caractère authentique apprécié des cinéastes. Avant Ridley Scott, Luc Besson y pose ses caméras en 1999 pour son film historique Jeanne d’Arc. Dans un tout autre registre, c’est aussi à Beynac que l’on retrouve Jacquouille la Fripouille et Godefroy de Montmirail dans Les Visiteurs 2, de Jean-Marie Poirié en 1998 ! Le château devient la demeure du Comte de Montmirail dans les scènes d’extérieur.
6. Le château du Plessis-Bourré, un écrin bucolique

Avec ses larges douves en eau, ses trois pont-levis et son donjon, ce château de la Loire constitue un autre décor de rêve pour le cinéma. Ouvert aux tournages depuis une quarantaine d’année, c’est ici que se déroulent les scènes de royaume bleu au début de Peau d’âne. Le château de pré-renaissance, qui a conservé son apparence d’origine, inspire aussi Bertrand Tavernier en 2010 pour son film La Princesse de Montpensier et Gérard Krawczyck pour Fanfan la Tulipe en 2003. Construit en seulement cinq ans par Jean Bourré entre 1468 et 1473 – un exploit pour l’époque – , son architecture allie harmonieusement Moyen-Age et Renaissance. Au milieu d’un étang, il offre un cadre bucolique parfait pour les cinéastes en quête de féérie.
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Château de Chambord – © Adobe Stock